Moi, Claude Grainte, reporte ici les évènements survenus dans notre Cité, pour que sa gloire et ses peines soient connues de tous ceux de notre sang.

La soirée du 26 février de l'an deux mille de l'Incarnation fut marquée du signe de la rupture. En effet, une soirée annexe avait été organisée dans une salle au milieu de la forêt de Meudon, et de nombreux caïnites de la cité y furent présents.

Pour motifs personnels, j'arrivais bien tard dans l'Elyseum pour saluer le Marquis. Marcus, Henri Sporate et Chânt Leffroy étaient présents. L'accueil fut glacial, nous fûmes chargés de "redresser la barre" : d'abord prêt à punir tous ceux qui ne viendraient pas à lui, après une discussion sur les Traditions avec Marcus Luther de Vitry nous chargea d'aller dire à Meudon que pour ce soir, tous les vampires de la cité devraient se présenter à lui. Bien que cette mesure nous sembla politiquement contestable, nous partîmes au lieu où se déroulait cette autre soirée.

D'après ce que j'en ai compris, le but de cette soirée parallèle était de discuter de la situation politique de la Cité hors de la présence du Marquis. Des mesures de sécurité avaient été prises et il fut demandé qu'aucune indiscrétion ne filtre (même si certains soulevèrent le problème de la manipulation mentale)

. Il fut déclaré que le marquis était dans l'incapacité d'exercer ses fonctions, vu qu'il ne respectait pas les Traditions. Pour débloquer la situation, il fut proposé de retrouver Leto d'Ys, mais cela risquait d'être difficile car personne ne l'aurait réellement vu depuis au bas mot 1000 ans.
Il fut aussi proposé d'aller rendre compte à des archontes à Paris, mais Luther de Vitry disposant d'appuis puissants, cela risquait d'être long et de prendre du temps.

2 personnes extérieures à la cité firent leur apparition : Pierre du clan Toréador, qui travaille au Louvre, et Jean d'Orsan, envoyé d'un archonte, qui trouva l'attitude des caïnites présents à Meudon indélicate voire inadmissible : "Pour être pris au sérieux, au moins respectez ce que la politesse demande" a-t-il dit.
Certains membres de la cité jugèrent que l'impolitesse résidait plutôt chez l'archonte, en nous envoyant si tardivement un secrétaire, sans se déplacer lui-même.

Le message du Marquis fut donc relayé, qui provoqua un tollé. "Que les bannis de la Camarilla restent" fut lancé, alors que la plupart se mettait en route.

Arrivés en Elyseum, la présence du Marquis trônant majestueusement nous frappa tous. Sa voix s'éleva dans un silence recueilli : "Il n'y a pas d'heure donnée dans mes invitations, je ne vous en veux donc pas de ce retard, même si j'ai été, je le reconnais, autoritaire". Il nous demanda à tous de venir se présenter à chaque soirée durant laquelle l'Elyseum serait ouvert, cette présentation devant être bien ordonnée, pour rétablir le respect. Plus tard dans la soirée, Marcus mit au point un ordre de présentation selon le statut : les anciens sont dispensés de présentation, les ancillas viennent se présenter au Marquis, puis les nouveaux-nés se présentent à la fois au Marquis et à leur ancilla respectif.

Après le discours du Marquis, Jean d'Orsan prit la parole, disant qu'il attendait le témoignage de tous ceux qui voudraient le donner, et que si quelqu'un avait des doléances à formuler, il pourrait le faire en toute sécurité : rien de ce qui sera dit ne pourrait nous mettre en danger, ce rapport n'étant ni une inquisition ni un jugement. M. d'Orsan et le Marquis prirent place dans une pièce où nous passerions les uns après les autres, le Marquis étant prêt à se retirer à la demande de quiconque.

Ceci étant dit, nous fûmes libres de vaquer à nos occupations, voire de quitter l'Elyseum pour aller où bon nous semblerait (ce que peut firent). Il y avait un nouveau venu parmi nous : M. Rawllins, nouveau-né du clan Ventrue, descendant d'Adelme de Villars, récemment venu des Etats-Unis et actif dans le milieu de la finance.

Je me rendis rapidement compte que Fleury de Mérogis portait un chiffre III sur la main. Elle me dit que ce chiffre était apparu à la pleine lune, et qu'il saigne continuellement. Elle me parla aussi d'un rêve malkavian qu'elle faisait où elle voyait un vieillard aux yeux bleus, à la barbe blanche et en habit blanc disant : "l'enfant des Ténèbres est sur nous". Elle pense qu'il s'agit de Leto qui n'est pas mort (ce que réfutent les Ventrues) et qui lui parle "dans sa tête".

Plus tard, j'appris que Matthias de Rouvre portait lui un I et Henri Sporate un II. Beaucoup firent le rapprochement avec les lames du Tarot et la prophétie de Gaël ("l'Oracle") il y a environ un an, et l'inquiétude générale augmenta.

Des messages en quatrain semblant se recouper étaient parvenus ou parvinrent au cours de la soirée à certains d'entre nous. Leur contenu semblait prophétique, énigmatique en tout cas, et Marcus se chargea de les récupérer pour les analyser.

M. Rawllins fit beaucoup parler de lui dans cette soirée : il mit Sulliec (individu dont il ne comprend pas l'importance) en colère, en essayant de le dominer paraît-il; il insulta l'ancilla Malkavian Fleury de Mérogis devant témoins, paroles pour lesquelles il s'est vu remettre à l'ordre (un peu trop de fois il est vrai) par moi, puis par le Prévôt. Il faut dire pour sa gouverne que peu de cités en France ou en Amérique sont aussi disparates que la nôtre, ce qui peut déconcerter voire choquer un nouveau-venu, et qu'il se conduit avec des manières, à défaut de réelle civilité.

Malgré l'appui de son grand-sire M. de Villars (envers qui je me suis réconcilié de nos piques sur l'Internet par une symbolique poignée de mains) et du Marquis qui jugea tout d'abord que rien ne devait lui être reproché, ces disputes se terminèrent par une Ordalie entre lui et Sulliec ayant pour témoin Chânt et remportée par Sulliec : M. Rawllins fut donc blâmé publiquement et déclaré comme sujet à soupçons.

Une autre discorde eut lieu entre Mélésias et Théodore Dalambert, qui ne voulait pas le laisser rentrer en tant que gardien de l'Elyseum. L'un et l'autre argumentèrent beaucoup, et alors que je ne connaissais que peu de choses sur l'affaire d'effraction par Domination qui les opposait à l'origine, il me fut demandé de donner mon avis. Suite à cela, Théodore laisse rentrer Mélésias, qui repartit peu après. Cette affaire dut faire déborder le vase d'abnégation de Théodore, car il annonça sa démission du poste de Gardien de l'Elyseum dans la demi-heure qui suivit; le Marquis, tout comme d'autres membres de la Cité dont moi-même, trouva cela regrettable.

J'appris également vers la fin de cette soirée que Kylian, la goule de Jérémiah, avait été étreinte il y a quelques heures, et cela semblait-il par un membre du clan Assamite! Mais cela n'était que rumeur, et je n'eus nulle confirmation de cette nouvelle.

La soirée s'acheva une fois que tous ceux qui le voulaient avaient donné leur point de vue à M. d'Orsan, et nous regagnâmes nos havres respectifs, soucieux de toutes ces prophéties planant sur nos têtes.

Tels furent les évènements de cette soirée. Que l'Histoire nous apprenne à être sage.


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